Abdallah n’est certes pas canadien, mais bâti comme un bûcheron et écolo convaincu. Il vit en
forêt ardennaise où il a détruit quelques arbres pour construire son chalet « bio ».
Il cultive ses propres légumes et élève ses propres moutons qu’il égorge lui-même dans la discrétion, pour ne pas éveiller les soupçons quant à ses origines « maghrébophiles »
et donc forcément « ovinocides ».
Lors du dernier BBQ organisé par ses amis de Gaïa, Abdellah m’avoua - tout en mâchant une saucisse à base de tofu mais d’un goût délicieusement ovin - qu’il n’arrivait pas à échapper à
sa nature carnivore :
- Végétarien, c’est trop dur. Même eux ils n’y arrivent pas, me lance-t-il en désignant ses amis protecteurs des animaux.
- Pour tenir le coup, certains se prennent des patchs au goût de brochettes et de merguez !, lance-t-il en boutade.
Abdellah a toujours fait de petites et moyennes entorses à ses convictions, mais il reste «intégristement» intransigeant face à la société de consommation, à laquelle il refuse de participer.
Lors de la grande parade annuelle des soldes, il s'enfonce dans sa forêt et s'adonne à sa lecture préférée: le livre vert de Khadafi, qui est un concentré d'écologisme saharien et un
excellent guide de survie en cas de blocus ou d'embargo.
En revanche, Fatima adepte du ethic-shopping fait ses emplettes dans sa boutique de fringues préférée «OX-femmes» où elle n’achète bien evidemment que ce qui est étiqueté …
«made in Dignity».